Auteur, compositeur, interprète, comédien, Baptiste Famery fait déjà partie des artistes Havrais qui ont percé dans la capitale. L’auteur-compositeur a travaillé sur de nombreuses créations comme “Waterloo” et “Barbe Bleue” et collaborée avec des artistes comme Marie-Céline Lachaud & Nicholas SkilbeckKarim Medjebeur, Richard Cross ou Christophe Barratier, qui lui a confié la direction vocale des comédiens adultes du spectacle encore à l’affiche au Folies Bergères “Les Choristes”. A l’occasion de la sortie mi-Décembre de l’album caritatif RESSOURCE – HISTOIRE D’HOMMES sur lequel il a travailléBaptiste a eu la gentillesse de venir me voir et m’accorder un long et passionnant entretien.

Bonjour Baptiste, vous avez quitté Le Havre à 17 ans pour vous installer à Paris. Vous voilà aujourd’hui à la tête de nombreux projets, pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ?

J’ai quitté Le Havre à 17 ans en commençant par une licence en audiovisuel à l’AIA-ESEC (Académie International des Arts – Ecole Supérieure d’Etudes Cinématographiques) où je me suis spécialisé en production et programmation pour la télévision. Je l’ai fait parce que mes parents voulaient que j’aie une “licence de quelque chose” avant de faire de la musique, mais jamais en me disant que je voulais travailler en audiovisuel.
J’ai toujours fait de la musique dans “mes jeunes années”, en chant et piano, au Conservatoire Arthur Honegger du Havre et au Club Musical Patrick Duchossoy. Patrick Duchossoy fut l’un des tous premiers à penser que j’avais un potentiel intéressant et qui m’a porté vers le professionnalisme. Il avait même dit à mes parents pas forcément rassurés : “Ne vous inquiétez pas, il sera artiste ou rien. Maintenant qu’il y a goûté, il ne voudra pas faire autre chose!” Hahahaha!
A 20 ans, j’ai intégré le Centre de Formation Vocale du célèbre coach vocal Richard Cross (coach vocal de la Star’Ac, Popstar, d’artistes comme Calogero, Julie Zenatti, Hélène Ségara, Annie Lennox, ou de spectacles comme Notre-Dame de Paris et Roméo et Juliette). Je suis rentré directement en deuxième année. J’y ai été formé à plusieurs disciplines d’art de la scène (chant, danse, théâtre, écriture, etc…). C’était la Star’Ac sans les caméras, lol! Nos profs étaient eux-mêmes des artistes du spectacle vivant, qui avaient des actualités sur des spectacles parisiens.
Cela nous imposait un respect et une grande humilité sur le chemin qu’ils nous restait à parcourir pour être prêts à rentrer sur le marché du travail, loin de tout ce que les émissions comme la Star’ac ou aujourd’hui The Voice, nous laissaient comme idée que c’était facile d’être artiste. Ce fut extrêmement formateur, intense, autant professionnellement que humainement. Je suis toujours en relation avec plusieurs autres jeunes de ma promo, devenus eux aussi professionnels, et les profs sont aujourd’hui des amis et des collègues de travail. J’ai fait ces deux années de formation, et j’ai commencé immédiatement à travailler sur de petits spectacles parisiens.
Richard Cross m’a ensuite proposé dans la foulée de faire la formation des profs de chant et coachs vocaux pour avoir une autre corde à mon arc, ce que j’ai fait en même temps que mes premières scènes.
Aujourd’hui, j’utilise toutes ces casquettes (auteur, comédien, chanteur, compositeur, coach vocal) pour m’amuser, multiplier les projets, et ne jamais m’arrêter.

Vous avez créé votre première comédie musicale en 2016, pourquoi avoir choisi le thème de Waterloo ?

Waterloo, c’est 5 ans d’écriture musicale, de recherches historiques, pour un aboutissement en 2016. Je reviendrai sur Waterloo plus précisément après, mais l’un des éléments qui inspire l’écriture de mes spectacles, c’est l’Histoire. Je suis un féru mordu d’Histoire. C’est ma seconde passion après la musique. Il y a tellement de sujets qui pourraient faire l’objet de spectacle. Alors que ce soit Waterloo, ma première créa, ou celles qui ont suivies (Barbe-Bleue, sous Jeanne d’Arc, Simone, sur Simone Veil, L’Avocat, sur le procès de Louis XVI), l’Histoire a une part prépondérante dans ma créativité. Pour comprendre la société d’aujourd’hui, il faut regarder comment on y est arrivé. Et ça, ça s’appelle l’Histoire ! (Je suis même passé par la Sorbonne pour faire une licence d’Histoire. Je n’ai pu aller au bout car entre le travail pro de scène, et la fac, je n’ai pas pu me dédoubler) Alors en Histoire de France, je commence à être plutôt calé ! Et je m’intéresse de plus en plus à l’Histoire d’autres pays, comme l’Angleterre et les Etats-Unis.

Sur Waterloo, plus précisément. Parmi tous les personnages de l’Histoire de France, Napoléon 1er est celui qui m’a captivé depuis mon adolescence. On connaît l’histoire de Napoléon, son parcours, ses faits d’armes etc. Ce qui m’intéressait, c’était de comprendre Napoléon l’être humain. C’est qui ce mec ? Tout juste Français (car la Corse fut achetée par la France deux ans avant sa naissance), qui parle le Français quand il est petit, avec un fort accent italien, qui doit s’intégrer dans une société française très fermée, et qui arrive au sommet du pouvoir. C’est ce qu’aujourd’hui on appellerait “un beau modèle d’intégration”. C’est bête à dire, mais à l’époque c’est vraiment ça ! Donc le parallèle avec notre époque était super. 

Et donc, après tout ce qu’il a fait et que l’on connaît, je me suis penché sur l’être humain, ses motivations, ce qui l’anime, ses peines, ses joies, cet esprit revanchard… tout cela s’appelle “la nature humaine”. Et c’est le sujet de la pièce Waterloo : la nature humaine. Pour voir le vrai caractère d’une personne, sa “vraie nature”, il faut qu’elle soit au pied du mur, soit dans une situation où elle agit par réflexe ou instinct. Pour Napoléon, c’était son retour d’exil et Waterloo…

C’est un projet que j’aimerais monter à Londres…

L’histoire de la comédie musicale est-elle inspirée de faits réels ?

Absolument pas ! Comme Victor Hugo l’a fait avec Les Misérables, ou Boublil & Schönberg avec Miss Saïgon, j’ai écrit une fiction de trois personnes, sur fond d’événements historiques. Mes trois personnages sont donc en contact directs avec des vrais personnages comme Napoléon, Talleyrand, le Maréchal Ney, etc… Les faits historiques sont eux scrupuleusement retranscrits tels qu’ils se sont déroulés.

Les Choristes, création de Chirstophe Barratier sur laquelle vous avez travaillé, est joué jusqu’à mi-février. Avez-vous déjà d’autres projets de prévus ou en cours ?

Evidemment !!! Je tiens d’abord à remercier Christophe Barratier de m’avoir fait confiance, et d’avoir laissé les clefs du camion à un jeune coach vocal pour une grosse production TF1/Lagardère ! C’était “couillu” de sa part, et je le remercie encore car l’aventure fut fabuleuse, et les résultats au rendez-vous. Le show a superbement bien marché aux Folies Bergères, et la tournée fut un grand succès. 
 
Je suis donc aussi le coach vocal du spectacle PLATINE 45, sorte de “Star 80 bis”, mais où ces stars des années 80 interprètent en plus de leurs chansons phares tout un répertoire pop-rock. Et je peux vous dire qu’ils n’ont rien perdu de leur voix. Je m’occupe donc d’artistes comme Sabine Paturel, Alain Llorca, Jean-Pierre Morgan, Cazero, Patsy, etc…
 
Et en parallèle, je travaille sur mon propre album, deux pièces de théâtres… J’ai encore plein d’idées de comédies musicales, mais il paraît qu’il faut que je fasse les choses les unes après les autres…

Quel est votre processus de création ? Est-ce que les paroles viennent s’inscrire sur une musique composée ou bien cette dernière est élaborée en fonction de textes déjà écrits ?

Du tout. Je ne sais pas vous répondre en fait. Je n’y réfléchis pas. Ca vient ou ça ne vient pas. Je fais. Pour des chansons, textes et musique doivent venir en même temps. J’ai à peine une suite d’accords, une structure rapide couplet/refrain, que déjà je fredonne ou cherche des paroles. Pour moi cela doit être une évidence. Les mots doivent trouver leur place parmi les notes. Si ça ne coule pas de source, je jette, et je repars sur tout autre chose.

Pourquoi avoir choisi Karim Medjebeur pour les arrangements ?

C’est plutôt lui qui m’a choisi! Hahaha ! Vous ne choisissez pas Karim, c’est lui qui choisit de travailler avec vous, pas l’inverse ! 

La rencontre avec Karim a t-elle été déterminante dans votre carrière ?

C’est à lui que je la dois en partie. Karim Medjebeur est le pianiste de Patrick Fiori, de la chanteuse Juliette, directeur musical de spectacle comme Mike Laisse nous t’aimer (nommé aux Molière), Mozart l’Opéra Rock, ancien directeur des choeurs de l’opéra de Reims, etc… Et pour énerver encore plus : il est multi-instrumentiste, maîtrisant autant tous types de flûtes traditionnelles, et les percussions. Il possède un bagage autant dans le classique que dans les musiques actuelles absolument colossal. C’est un crack. C’est un musicien que beaucoup d’artistes s’arrachent. Et c’est un privilège de le côtoyer au quotidien !
 
Au Centre de Formation Vocale Richard Cross, il était un de mes profs en derrière année, s’occupant des jeunes auteurs-compositeurs-interprètes, et de leur rapport à l’instrument quand ils chantaient. Là où les autres avaient des projets d’album perso, moi j’avais l’idée de Waterloo en 15 lignes sur un bout de papier, et une première chanson d’écrite pour le personnage principal. Je lui ai montré, et il a tout de suite accroché, a beaucoup cru en moi, et mon écriture autant dans les textes que la musique. Il m’a pris sous son aile et c’était parti ! Il m’a aidé à développer mes projets, m’a ouvert tout son réseau professionnel…
 
Aujourd’hui, cela fait donc presque dix ans que nous travaillons ensemble au quotidien. Toutes mes créations, que ce soit des chansons, de la comédie musicale, des musiques underscore pour pièce de théâtre, passent maintenant par lui. Dès que je pense à un nouveau projet, il en est le premier informé, le premier que j’appelle pour constituer une nouvelle équipe de travail. Il est dans tous les coups. On forme un vrai binôme de création et de travail, et j’apprends toujours énormément de lui. Il me pousse toujours à aller plus loin dans la réalisation de mes projets. J’ai trouvé un grand frère.

Avez vous déjà choisi vos chanteurs ?

Non 😇 ! Il y a des idées… Mais on se laisse toujours l’espace de la surprise, de la découverte d’un talent…

Partons à Aix en Provence et parlez-nous de cet album Ressource Histoires d’hommes sur lequel vous avez travaillé ?

C’est l’actualité chaude du moment ! J’ai donc travaillé sur un album caritatif, Histoire d’Hommes, au profit de l’association Centre Ressource (www.association-ressource.org), qui s’occupe de l’accompagnement thérapeutique des malades du cancer, de leurs familles et proches.
 
Un mot sur l’association Ressource. Elle fut fondée en 2001 il me semble, par le docteur Jean-Loup Mouysset, Chef du service d’oncologie de l’hôpital d’Aix-en-Provence, avec un principe simple : voir l’être humain avant le patient. Répondre au besoin de la personne dans sa vie, avant de traiter la maladie. Remettre l’humain au coeur du processus de guérison. L’association ne dispense aucun soin médical, mais s’occupe de tout l’envers du décor. L’idée est de faire en sorte que la majorité des paramètres de la vie d’un malade soient “au vert” afin qu’il se concentre sereinement sur son traitement et sa guérison. Ainsi, l’association propose autant les services d’assistantes sociales, de service juridique pour le droit du travail, de psychologues, de kinés, d’ostéopathes, que des ateliers de théâtre, de chant, de cuisine, d’esthétique, de sport, etc… Tout le monde peut y aller, quelque soit son cancer, son âge, le stade de la maladie, et sa catégorie sociale. 
Et ne sont pas acceptés que des malades : vous pouvez avoir un proche malade qui ne vient pas à Ressource, mais y aller vous, pour parler, décompresser, etc… Le plus gros centre et la maison-mère sont à Aix-en-Provence. Deux autres centres ont ouvert en 2015 à Montauban et Montélimar, deux autres encore en 2017 à Reims et à Paris, et de nouveaux centres ouvriront bientôt leurs portes en 2018 pour répondre toujours à une demande de plus en plus croissante.

Comment vous êtes-vous retrouvé à découvrir cette association à Aix ? 

Par le biais d’une amie prof de chant, Audrey Faine, qui a fait sa formation de coach vocal avec moi chez Richard Cross. Elle anime bénévolement un atelier chant au centre d’Aix, et elle m’a appelé en me disant que l’association cherchait à engendrer des fonds pour subvenir à leurs multiples besoins en créant un hymne.
J’avoue y être allé au départ avec le frein à main. Un peu hypocondriaque, j’avoue que le cancer me faisait peur. J’ai finalement été rendre visite au Centre d’Aix, et tellement impressionné par leur action, que j’ai pris la décision au bout d’une heure de leur faire cet hymne qui est aujourd’hui HISTOIRE d’HOMMES, que vous pouvez retrouver en ligne sur Youtube. J’ai écrit la chanson en 1h30 dans leurs locaux, le jour même de ma visite, bien imprégné de l’ambiance, en tâchant de retranscrire au mieux la philosophie du lieu, et des gens qui font Ressource au quotidien.
 
Evidemment, j’ai de suite appelé… Karim Medjebeur, pour qu’on orchestre ce titre. Et c’est Karim, qui lui aussi touché par l’action de l’association a dit “On va aller plus loin et leur faire un album”. Et c’est comme cela que ça s’est fait. 

L’album est-il composé de reprises ou de chansons originales ?

L’album n’est constitué que de créations originales, aucune reprise. C’est une initiative d’artistes : aucune maison de disque, ni distributeur ne nous a aidé à réaliser ce disque. Nous l’avons fait par nous-mêmes, en y mettant tout notre professionnalisme, sur nos temps libres, avec quelques subventions reçues à droite à gauche. Karim s’est occupé de la réalisation de l’album, moi d’écrire un peu, et de contacter pas mal d’artistes. Karim en a aussi appelé plusieurs. Nous avons enregistré à TWIN STUDIOS PARIS, qui est un superbe studio qui accueille beaucoup d’artistes très connus, et toutes leurs équipes se sont aussi mises au service de ce projet avec un coeur énorme ! On a également eu une équipe de musiciens exceptionnels qui nous ont enregistré toutes les musiques, en grande partie l’équipe de musiciens de Patrick Fiori (Guillaume Stelly, Patrick Hampartzoumian, Kristof Chaïr, Manu Rodier, et Karim Medjebeur (encore!)). J’ai eu le privilège d’écrire 5 chansons dessus dont une que j’interprète.
 
DONC, pour conclure, cet album de 12 titres est en vente depuis le 15 Décembre 2017 directement sur le site de l’association Ressource. Il coûte 20€, somme qui va directement à Ressource (du fait qu’il n’y a ni maison de disque ni distributeur). Voilà, j’ai fait ma pub ! Haha !

Pouvez-vous nous présenter les artistes présents sur ce disque ?

A l’image de ce que fait Ressource, j’ai voulu réunir sur ce disque autant d’artistes que possibles, connus, moins connus, pas connus du grand public, issus autant de la comédie musicale, que de la chanson française, de la télé, du cinéma, du théâtre et mélanger tout ce monde, car le cancer peut toucher chacun d’entre nous, petits et grands, pauvres ou puissants, connus ou inconnus. Cette saloperie se contrefout de savoir qui l’on est, elle frappe point barre. 
 
Nous avons donc eu le plaisir d’avoir le réalisateur Christophe Barratier (Les Choristes, L’outsider, la Guerre des Boutons), et sa fille Violette (Scènes de Ménage/M6), des comédiens comme David Mora (Scènes de Ménage/M6), David Strajmayster (Samantha Oops!/France2), Nicolas Gabion (Bohort/Kaamelot), Thomas Cousseau (Lancelot/ Kaamelott), Alain Chapuis (Le Tavernier/Kaamelott) et sa compagne Marie Blanche, avec qui il forme le superbe duo de la compagnie ToiZéMoi, mais aussi des artistes venus de la comédie musicale, comme la grande Sophie Delmas (Rôle principal de Donna, dans Mamma Mia! 3 ans à Mogador), David Ban (Porthos/Les Trois Mousquetaires), Laurent Ban, David Alexis, Jimmy Bourcereau (les trois rôles principaux de Priscilla Folle du Désert, actuellement au Casino de Paris), Michelangelo Loconte (Mozart l’Opéra Rock), que des chanteurs comme Louisy Joseph (ex-L5), Julie Pietri, Jane Constance (The Voice Kid).
 
Nous avons aussi des artistes peut-être moins connus du grand public, mais bourrés de talents qui ont écrit et interprété des titres juste pour l’album, comme Harold Haven, Tommy Chiche, Seb Valter et Kévin Bugajski qui forment le groupe électro world HUNGU, Léa Brianceau, Emilie Smill, Louis Durdek, etc… Je vais oublier d’en citer, ils vont me tuer ! lol Pardon les amis !
 
Je voulais aussi tous les remercier, car tous ces artistes présents, plus d’une soixantaine tous domaines confondus, nous ont répondu ‘oui’ du tac-au-tac quand on les a sollicités, sans rechigner, sans parler d’argent,… ils sont venus… la grande famille des artistes…

J’imagine qu’une fois encore cette rencontre a du bouleverser votre vie d’homme et d’artiste ?

Ce fut une baffe monumentale ! Une leçon de vie ! La plus grande que j’ai vécue. Ce fut des rencontres bouleversantes, le genre de rencontre qui te donne envie de tout déchirer. Ca donne surtout aussi un sens à ce qu’on fait. Nous, artistes, avons ce privilège de nous amuser dans nos boulots. On le fait par passion, sans doute pour trouver une reconnaissance de je-ne-sais-pas-quoi, nous travaillons sur des projets qui parfois nous passionnent, parfois juste pour remplir la gamelle, mais quand tu fais la rencontre de personnes comme on en trouve dans les centres Ressource, et que toi, avec ce que tu sais faire, tu peux leur filer un sacré coup de pouce… d’un coup… ça fait sens. Je ne sais pas comment te l’expliquer… c’est une émotion qui est encore très forte…

Avez vous l’intention de renouveler l’expérience ?

Oui ! Nous travaillons avec Karim sur la préparation d’un second album que nous aimerions sortir d’ici deux ans. J’ai déjà écrit trois chansons en janvier pour ce second opus, en espérant inviter de nouveaux artistes à nous rejoindre 😉 

Vous semblez être énormément sollicité mais cependant vous êtes attaché au Havre puisque vous y revenez pour enseignez le chant. Comment peut-on y participer ?

Le Havre a toujours eu une réputation concernant son activité artistique pas vraiment enthousiasmante. Je le vois en permanence dans notre milieu quand je dis d’où je viens. Il y a une vraie méconnaissance de la richesse artistique du Havre. C’est comme si Laurent Ruquier était un rescapé ! “On” doit encore améliorer l’image de notre ville, d’une ville grise, ouvrière, portuaire, où les usines empestent et où il ne se passe rien ! 
 
Et c’est faux, car j’y ai fait mes premières armes, j’y ai appris toutes mes bases ! Et c’est important pour moi de garder ce lien. De rendre et transmettre à d’autres ce que je sais maintenant faire. Si je peux aider et accompagner des jeunes qui ont l’envie d’être professionnel, de commencer à les former comme je l’ai été, alors ce n’est que du bonheur !
Mais jeunes, moins jeunes, débutants, expérimentés, on s’en fiche, tant que l’envie est là, et que nous pouvons partager quelque chose. Car la musique c’est du partage avant tout, de la transmission. Donc pour ceux qui auraient envie, il suffit de me contacter via mon site internet (www.baptistefamery.com) ou de me trouver sur Facebook en me laissant un message !

Y-a-t-il un objectif final pour vos élèves comme un concert en fin d’année ?

Le seul objectif est celui qu’ils se fixent ! Je n’ai pas les moyens, en terme de structure, ou financiers, pour mettre en place tout seul un spectacle pour mes élèves. Ce n’est pas l’envie qui manque ! Donc je tâche d’accompagner mes élèves qui développent leur propre projet. Mais j’ai une idée en tête pour mes élèves les plus avancés…

Vous serez prochainement sur les planches pour le spectacle de Marie-Céline Lachaud et Nicholas SkilbeckQuand la Guerre sera finie, pouvez-vous nous parler de la pièce et de votre rôle ?

Deuxième actualité chaude du moment ! 😉
 
C’est une pièce pour 8 comédiens chanteurs. Je l’avais déjà jouée en lecture il y a deux ans dans l’un des rôles secondaires, et je reprends cette fois-ci l’un des rôles principaux, pour remplacer mon ami Arnaud Denissel, parti sur un autre projet.
L’histoire se déroule durant la Seconde Guerre Mondiale, (Décidément l’Histoire me poursuit !), cela se passe entre Saint-Dizier dans l’Est de la France, et Paris. Je joue un garagiste appelé Fanfan. Je suis pro-pétainiste mais je ne me mouille jamais, et je tiens à rester bien en dehors de la guerre, et à protéger ma petite soeur Lucile, tout juste 18 ans. Mon meilleur ami, Gilbert, est un résistant communiste, et doit prochainement détourner un train allemand avec le soutien d’un réseau de résistants parisiens. Gilbert a besoin de renseignements sur les allers/retours des trains, et comme par hasard, ma petite soeur vient d’être embauchée à la SNCF, aux transmissions. Elle connaît donc tous les allers-retours des convois spéciaux… Je suis contre l’engagement de Lucile, qui s’engage en résistance contre mon consentement. Norah, une résistante parisienne, intervient donc directement auprès de moi pour me faire céder en me charmant. J’en tombe éperdument amoureux. Malheureusement, Norah finit par se faire coincer par la Gestapo et dénonce ma petite soeur, et là… vous viendrez voir la suite sur scène ! 😉
 
L’oeuvre est magnifique, dans la lignée des grands musicals anglo-saxons, écrite par une française, Marie-Céline Lachaud et un compositeur anglais, Nicholas Skilbeck. La pièce s’est jouée cet été au Festival d’Avignon avec un grand succès, et part maintenant en tournée. En espérant que l’on passera au Havre !

Pour terminer, pouvez-vous me présenter 3 artistes de la région Havraise que vous appréciez ?

Mes élèves !?!… Ils sont tous bourrés de talent… Hahaha!
Sinon, non, malheureusement. Mon activité artistique étant à 95% sur Paris, je n’ai pas le plaisir d’avoir assez de temps pour découvrir les talents de notre région ! A tort sûrement ! Mais votre site va y remédier ! 😉

Entretien réalisé par Grégory Constantin  Février 2018

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