Photo Gattaca Studio

A l’occasion des Z’Estivales, la Cie du Théâtre de l’Impossible rejoue sa pièce Les Trois Sœurs Jacques d’après le texte d’Élisabeth Mazev, à l’école des Gobelins, les samedi 2 & dimanche 3 juillet, à 22h. J’ai rencontré Mathilde Mahier l’une des six comédiennes de la pièce.

Bonjour Mathilde, après avoir interprété Marie l’une des 3 sœurs Jacques au Satellite Brindeau, vous voilà à nouveau dans ce rôle, mais cette fois-ci à l’école des Gobelins. Quelles sont vos sensations à l’idée de jouer dans ce nouveau cadre ?

Je suis impatiente ! Nous avons un réel plaisir à nous retrouver avec mes 5 partenaires pour jouer cette pièce ! Et chaque fois que nous investissons un nouvel endroit, cette attente est d’autant plus forte. Après 6 représentations au Satellite Brindeau, nous avions envie de sortir de notre lieu de répétitions, trouver un nouvel espace au Havre pour accueillir cette proposition. La Maison de l’Etudiant nous avait déjà offert cette opportunité lors de la journée des droits de la femme, le 8 mars dernier. Jouer dans le cadre des Z’Estivales, en extérieur, répond à notre souhait de déplacer le théâtre dans des endroits moins conventionnels, aller vers un public plus large et vivre de nouvelles expériences.

Élisabeth Mazev a écrit cette pièce en 2013. Est-ce Jean-Baptiste Lemarchand qui vous l’a suggérée ?

Elle venait tout juste d’être imprimée effectivement lorsque Jean-Baptiste nous a proposé une lecture à la table, mais rien n’était décidé pour autant. Les temps de lecture sont l’occasion de découvertes qui poussent les comédien-ne-s de la compagnie à s’interroger sur la pertinence de l’œuvre dramaturgique qui est lue. Chacun est libre de suggérer un livre, le partager et donc se positionner sur le choix ou non de le monter. Pour Les Trois Sœurs Jacques l’enthousiasme a été total et les éclats de rires nombreux dès la première lecture ! La pièce s’est présentée à nous comme une évidence. Nous étions inspirés par cette histoire, avions envie de la mettre à l’épreuve du plateau, et plus largement du public. Elle contrebalançait aussi avec une tragédie contemporaine que nous montions sur la même période, Tendre et cruel de Martin Crimp. Cette multiplication des registres permet une diversité d’approches stimulante.

Que raconte Les Trois Sœurs Jacques ?
C’est l’histoire de comédiennes qui souhaitent réunir dans leur prochaine création tout ce qu’elles désirent. Ce que chacune d’entre elles désire ! Elles passent alors commande à une auteure qui prend scrupuleusement en note l’ensemble de leur demande. De l’envie la plus incongrue à la plus obsédante, elles ont toutes ont une idée précise de ce qu’elles veulent jouer. Mais trouveront-elles satisfaction dans ce qui sera finalement proposé ?… C’est du théâtre dans le théâtre, des comédiennes qui jouent des personnages, et cela conduit forcément à des situations cocasses, pleines de rebondissements !

Pour l’adaptions de cette pièce, vous avez choisi de donner les rôles uniquement à des femmes, d’où vient cette idée ?

Dès la fin de la première lecture, qui était mixte ce jour-là, nous en avons discuté. L’action générée tout au long de la pièce nous l’a nettement suggérée puisque certains personnages féminins utilisaient déjà le travestissement dans plusieurs scènes. Partant de ce constat, nous avons décidé de constituer une distribution exclusivement féminine. Nous avions envie de liberté dans les actions pour mieux déplacer les lignes et proposer ainsi une nouvelle lecture.

Pouvez vous nous parler de Marie ?

Je peux vous parler de Claire mais pas de Marie ! Puisque Claire est la comédienne que je joue tout au long de la pièce et Marie le personnage jouée par Claire, fruit de ses demandes et de l’imagination de l’auteure… Claire est joviale, arrangeante, un peu trop pointilleuse (agaçante peut-être ?) et mue par des questions de société tel que le changement de genre ! Marie, il faut la découvrir et se laisser surprendre par ses caractéristiques nettement moins classiques ! Je ne voudrais pas vous gâcher l’effet de surprise de sa première apparition… Mais je peux vous faire une recommandation qui vaut pour tous les personnages de la pièce, soyez bien attentifs à ce que chaque comédienne exprime lors de la scène d’ouverture ! Il y a là nombre d’indices…

Cette pièce comique a pour particularité de surprendre les spectateurs surtout par ses dialogues assez osés, ce ne sont pas des textes trop difficiles à jouer ?

Ce sont surtout des textes millimétrés qui demandent concentration et précision. Il y a des expressions fortes, des mots plus crus, mais ils ne sont pas là par hasard, ils font sens avec l’action. Les dialogues contribuent au ressort comique de la pièce et sont un appui pour nous, pour dérouler l’histoire, lui donner une certaine dynamique. Le texte est un atout qui un peu comme une partition nous permet de faire éclater des situations, et on ne l’apprécie alors que davantage ! Et puis, c’est assez jouissif d’oser sur scène ce qui ordinairement peut choquer !

Quelles sont les impressions d’un-e acteur-trice lorsqu’il entend les rires du public ?

C’est précisément le moment où nous prenons la mesure du spectacle vivant ! Le théâtre ne vaut que par la présence du public, c’est un art qui se partage. Sur scène nous donnons à voir, autant que le public donne à entendre ses réactions. Si elles se pressentent parfois, elles ne se contrôlent ni ne se valent à chaque représentation. Le rire à cette particularité de suspendre momentanément l’action, une fraction de seconde qui envahit tout l’espace. C’est dans ces instants que l’écoute entre les comédiens et la salle est importante. Le rire nourrit les échanges.

On a pu vous voir jouer dans plusieurs pièces de Jean-Baptiste Lemarchand (CendrillonTendre et cruel), quelle est votre histoire avec le Théâtre de l’Impossible ?

Comme souvent, c’est celle d’une rencontre. Après des études de théâtre sur Paris, je suis revenue au Havre et je manquais cruellement de pratique théâtrale ! C’est par le biais de Français Maitrepierre qui participait avec moi à un projet de danse amateur au Phare (Rainbow-LH) que j’ai rencontré Jean-Baptiste. Lui et la compagnie m’ont ouvert les bras en toute simplicité : « Tu veux faire du théâtre ? Viens avec nous ! ». J’ai été embarquée dans un projet de théâtre à l’arraché, puis deux mois après, on m’offrait le rôle de la narratrice dans Cendrillon de Joël Pommerat. Il y a une telle humanité au sein de cette compagnie que depuis j’avance avec eux, sans vouloir m’arrêter !

Quels sont vos projets au sein de la Cie pour la saison à venir ?

Certains de mes partenaires travaillent activement à la création d’une nouvelle pièce sur Marcel Duchamp qui devrait être prête à l’automne prochain. D’autres rendez-vous avec le public viendront s’égrainer sur Le Havre et en Normandie dans des lieux culturels mais pas forcément de spectacles… Je ne vous apprendrais rien si je vous dis que nous ménageons toujours le suspens en matière de communication, c’est un principe qui nous est cher ! Alors je ne peux que vous conseiller d’être attentifs à nos prochaines annonces et de consulter notre site internet ou page facebook pour cela . En attendant, nous vous attendons aux Z’Estivales et vous souhaitons à toutes et tous un bel été !

Entretien réalisé par Grégory Constantin Juin 2016

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