Originaire de Neufchâtel en Bray, quel est votre attachement à notre ville du Havre ?

Je suis arrivé au Havre par le hasard d’une nomination professionnelle, et je me suis senti tout de suite bien dans cette ville. La présence de la mer, du port, de la plage, a sûrement compté pour beaucoup. J’y ai vite rencontré des gens chaleureux et amicaux et la vie associative était riche et diverse. Bref, j’ai vite pris racine.

Quels lieux havrais affectionnez-vous particulièrement ? Pourquoi ?

Le port, on devrait dire aujourd’hui l’ancien port, autour de la cloche des dockers est un endroit qui me plaît, car j’y ai restauré mon premier bateau au Conservatoire Maritime, et puis j’ai vécu très heureux dans notre maison de Sainte Cécile qui dominait la ville, tout près de l’escalier roulant.

D’où vous vient cette passion de l’écriture ?

Grâce à mes parents les livres ont toujours fait partie de ma vie. D’abord comme lecteur bien sûr. Le passage à l’écriture est un mélange de circonstances et d’envie, comme un pari au départ. Le plaisir et l’engagement, viennent avec le temps, et les questions  qu’on se pose à chaque nouveau texte.

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Vous êtes présent au festival du  « polar à la plage » depuis maintenant 3 ans, pouvez-vous nous en parler ?

En fait cela fait onze ans que je suis membre des Ancres Noires, l’association qui gère le Festival, puisqu’avec une petite poignée d’amis, je suis à l’initiative de ce festival. C’est une fierté de faire vivre cet événement littéraire havrais, avec maintenant une trentaine de bénévoles passionnés et une équipe de responsables renouvelée. C’est un vrai plaisir de partager la préparation dans le cadre de cette association dans laquelle tous les membres participent aux tâches dans une bonne ambiance et de rencontrer les lecteurs et les auteurs pendant ces trois jours sur la plage.

Quel est votre rôle au sein de ce festival ?

Je m’occupe avec un collectif de musiciens plus particulièrement de la compilation Polaroïds rock, qui est la « signature » de notre festival.

Y serez-vous encore présent l’an prochain ?

À coup sûr en tant que bénévole, et je pense aussi en tant qu’auteur puisque je dois sortir deux livres en 2014.

Vous avez écrit une série de 4 nouvelles intitulée « Le Havre en noir aux quatre saisons ». Pourquoi avoir choisi la ville du Havre et son port comme centre de gravité de vos intrigues ?

Le roman noir est un roman qui puise son inspiration dans la chair du monde. Je connais assez bien le Havre, j’aime la manière qu’a cette ville de laisser voir ses contradictions, et son côté populaire, cosmopolite. Ces dernières années, comme beaucoup d’autres villes elle a payé un lourd tribu à l’injustice de la mondialisation libérale. Si on ne peut réduire l’écriture à un besoin de témoigner, ces réalités m’ont inspiré les personnages et les décors de cette série.

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Vos 4 romans sont illustrés par de nombreuses photos, quel est votre attachement à la photographie ?

Ce qui m’a plu, c’est que les photographes, que je connaissais tous, n’avaient pas eu le texte de la nouvelle. Ils n’avaient comme repère que le lieu où elle se passait. Ce qui est étrange c’est qu’au bout du compte, leur imaginaire a travaillé dans une direction vraiment parallèle au mien, puisque qu’on a parfois même l’impression que certains clichés « illustrent » au plus près le texte. C’est la magie, de la culture, du voyage des images mentales.

Vous vivez à bord d’une superbe péniche, l’Andante, pourquoi avoir choisi ce mode de vie ?

Là encore, histoire de circonstances, de hasard, de rencontres. La navigation, comme l’activité culturelle, sont pour ma femme et moi le moyen de multiplier les rencontres nouvelles.

Ce mode de vie vous proposez de le partager ! Sur votre site internet  Andante-A contre courant.com  plusieurs possibilités s’offrent à nous…

Ma femme a fait un site magnifique. Il faut aller le voir et peut-être se laisser tenter par une navigation ou même seulement un séjour à bord. Le seul risque à prendre est celui de se retrouver mordu comme nous.

Nous imaginons que c’est un lieu d’inspiration privilégié pour vous. Y en a-t-il d’autres ?

Le monde de la marine fluviale est passionnant et a servi de décor à mes trois derniers livres, mais le suivant se passera dans le milieu de la sidérurgie. Tout m’intéresse.

Vous avez  aussi participé à l’écriture de plusieurs BD comme « L’héritage » illustré par Y Boistelle… Pouvez-vous nous parler de cette autre passion ?

L’écriture est un travail solitaire. J’aime bien varier les plaisirs avec des scénarios de BD, des pièces de théâtre ou des chansons, car au bout, il y a un travail collectif, la confrontation avec d’autres personnalités, d’autres manières de voir les choses. C’est très enrichissant.

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Quels sont vos futurs projets ?

Deux livres à sortir l’an prochain « À fonde cale » et « Les pirates du Komodo », un poulpe en 2014, un spectacle de théâtre avec la compagnie Drambakus et l’enregistrement d’un album de standards de jazz.

Pour finir, quels artistes locaux aimeriez-vous nous présenter ?

Difficile de les citer tous… D’abord mon fils Alexis, réalisateur de talent qui vient de sortir une BD auto-produite « La meute » digne des meilleurs fanzines des années 70, j’aime bien les photos de Bernard Hébert, l’univers graphique de Soluto, la voix et la guitare de François Lebas, qui pour moi sont l’image parfaite du rock havrais, les comédien(ne)s du Théâtre de l’Impossible et de Tuxhinor dont les prestations « à l’arrachée » ou sur scène ont accompagné notre vie havraise, l’album de Grand final que j’écoute souvent, le saxophoniste de jazz Nicolas Seigneuret avec qui j’ai trop rarement eu l’occasion de faire le boeuf, Philippe Morino qui a eu la gentillesse d’embarquer le piètre lecteur musical que je suis dans ses belles partitions et bien sûr Marc Minelli, le havrais d’origine et de coeur avec  qui j’ai la chance de pouvoir collaborer régulièrement.

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Anne Dutilloy-Dom Delahaye
Entretien Grégory Constantin
Photos Visu’l Photographie
2017-10-31T21:59:55+00:00